Christoph Graupner

Christoph Graupner est né en 1683 à Kirchberg en Saxe. Remarqués par Nikolaus Kuster, l’organiste local, ses dons lui valent d’entrer à la Thomasschule de Leipzig où ses maîtres sont Johann Schelle et Johann Kuhnau. Des études de droit commencées en 1703 sont vite abandonnées et dès 1706 Graupner devient claveciniste à l’opéra de Hambourg, dirigé par Reinhardt Keiser. Il en dirige parfois l’orchestre, compose aussi quelques opéras bien accueillis par le public, et rencontre dans ce milieu Johann Mattheson et probablement Georg Friedrich Händel, qui y était alors violoniste.

La rencontre de Christoph Graupner en 1709 avec le Landgrave Ernst Ludwig de Hesse-Darmstadt sera déterminante : séduit par sa musique, celui-ci lui propose le poste de vice-kapellmeister à la cour de Darmstadt, principauté réduite mais éclairée. Il compose la musique des offices en alternance avec Wolfgang Carl Briegel, Hofkapellmeister, jusqu’à la mort de ce dernier en 1712, ainsi que quelques opéras, tant que les finances de la cour le lui permettent, et de la musique instrumentale. Devenu Hofkapellmeister en 1711, il écrira une cantate pour chaque dimanche et fête jusqu’en 1754, date à laquelle une cécité l’empêchera de composer. Johann Fasch, venu étudier avec Graupner en 1714, sera son seul élève connu.

Cette vie réglée n’est interrompue qu’en janvier 1723 par une candidature au cantorat de Saint-Thomas de Leipzig. Il obtient le poste mais le Landgrave refuse son congé, et augmente son traitement, de sorte que c’est Johann Sebastian Bach qui sera nommé à sa place.

Pendant les quarante-cinq années à la cour de Darmstadt, Christoph Graupner a publié trois livres de clavecin (1718, 1722, 1733) et un recueil de chorals à l’usage des églises et écoles (1728), gravés de sa propre main. Ce seront les seules œuvres qu’il mit à la disposition du public, négligeant par ailleurs de se faire éditer. Sous sa direction, l’orchestre atteindra un excellent niveau et une solide réputation ; Graupner s’attachera à lui faire interpréter nombre d’œuvres de ses contemporains, signe d’une curiosité insatiable.

À partir de 1730, sans cesser de composer pour la chapelle de la cour, Graupner privilégie la musique instrumentale, et (outre les 1418 cantates sacrées que nous lui connaissons) il laissera quelques trois cent œuvres de musique de clavecin, de chambre et d’orchestre, souvent novatrices dans l’instrumentation utilisée.

Après sa mort, survenue le 10 mai 1760, son oeuvre immense resta inaccessible pendant quelques soixante ans, un litige sur la propriété des œuvres opposant ses héritiers et la cour de Darmstadt ayant conduit à consigner ses manuscrits. Lorsque les œuvres purent être à nouveau consultées, le goût musical avait changé et peu de musiciens et de musicologues s’intéressaient à la musique des siècles passés. L’étude systématique de la musique de Graupner n’a donc commencé qu’à la fin du xxe siècle.


Cantates

Musique instrumentale